L’évolution rapide des pandémies, la montée de la résistance antimicrobienne et la crise environnementale rappellent l’impérieuse nécessité d’une approche transversale de la santé. « Une seule santé » (One Health) n’est plus un simple slogan, mais une stratégie mondiale que de nombreux gouvernements, institutions et chercheurs s’efforcent désormais de mettre en œuvre pour 2025 et les années futures [1].
Qu’est-ce que l’approche « Une seule santé » ?
L’approche « Une seule santé » repose sur l’interdépendance de la santé humaine, animale, végétale et environnementale. Elle vise à favoriser la collaboration entre professionnels de la santé humaine, vétérinaires, écologues, agronomes, décideurs politiques, et acteurs civiques[2]. Cette intégration permet non seulement d’anticiper les risques (émergence de nouveaux pathogènes, zoonoses, pollution, perte de biodiversité), mais aussi de renforcer la prévention, la surveillance et la gestion des crises sanitaires [3].
Pourquoi Une seule santé est-elle essentielle en 2025 et au-delà ?
Au XXIe siècle, 75 % des maladies infectieuses émergentes sont d’origine animale. Des pandémies comme le COVID-19, Ebola ou le Zika révèlent les limites des systèmes de santé compartimentés et montrent la nécessité d’une approche intégrée [1]. Par ailleurs, la résistance antimicrobienne (RAM), qui menace à la fois la médecine humaine et vétérinaire, s’accentue avec la contamination de l’environnement et les usages non contrôlés des antibiotiques dans l’élevage industrie l[4].
La dégradation des écosystèmes, le changement climatique et la mondialisation accélèrent le contact entre humains, animaux domestiques, faune sauvage et agents pathogènes [5]. Ces interactions favorisent l’émergence de nouvelles maladies et compliquent le contrôle des infections, qu’il s’agisse de grippe aviaire, de dengue ou d’antibiorésistance [6].
Les piliers de la stratégie mondiale One Health
1. Intégration des politiques et de la gouvernance
La réussite repose sur des cadres politiques robustes et une collaboration multisectorielle renforcée. L’OMS, la FAO, l’OIE et l’ONU environnement mettent en œuvre des partenariats dits « Quadripartites » pour harmoniser la surveillance des risques, l’alerte précoce, et le partage des données entre secteurs [7], [8]. Plusieurs pays, comme la Chine ou l’Indonésie, développent des agences et plateformes nationales de gouvernance One Health, incluant la lutte contre la RAM [9], [10].
2. Renforcement de la surveillance et de la recherche intégrée
La surveillance des zoonoses (maladies transmissibles de l’animal à l’homme) se fait désormais à l’interface homme-animal-environnement. La génomique permet de suivre l’évolution des pathogènes et la résistance des bactéries [11]. Les programmes de surveillance fondés sur les eaux usées et l’environnement complètent la veille épidémiologique classique [12].
En Afrique, en Amérique latine et en Asie, des réseaux régionaux de surveillance combinent données issues de la One Health, de la santé animale, de la virologie environnementale et de l’agroécologie [13], [14], [15].
3. Formation et sensibilisation transdisciplinaires
Un des défis majeurs de One Health reste l’acculturation des professionnels et du grand public à la transversalité de la démarche [16]. Les formations initiales dans les universités, les programmes de sensibilisation communautaire et des campagnes de communication publique sont essentiels pour intégrer cette vision dès le plus jeune âge et au sein de tous les secteurs professionnels [17].
4. Résilience des systèmes de santé et préparation aux crises
L’une des grandes leçons récentes est la nécessité de renforcer la résilience structurelle et institutionnelle des systèmes de santé en favorisant la mutualisation des expertises et des ressources, l’accès équitable aux soins et la réactivité lors des crises (épidémies, catastrophes naturelles, pollutions chimiques) [18], [19]. Les stratégies nationales et internationales doivent intégrer One Health pour bâtir des systèmes de santé universels robustes, adaptés à la complexité des risques du futur [20], [21].
Les défis à surmonter pour 2025 et au-delà
La réalisation concrète de la stratégie One Health se heurte à plusieurs obstacles : coordination trans-sectorielle insuffisante, financement limité, cloisonnement institutionnel, manque de cadres juridiques, et faible reconnaissance de l’importance de la santé des plantes dans l’équation globale [22], [23]. Par ailleurs, l’implémentation varie selon les contextes ; certains pays en développement ou à faible revenu restent confrontés à des déficits de gouvernance, d’investissements et d’infrastructures adaptées [24], [25].
Perspectives : comment passer de la théorie à l’action ?
Afin que « Une seule santé » devienne le pilier efficace de la sécurité sanitaire globale pour 2025 et au-delà, il est crucial de :
- Étendre l’intégration des secteurs santé humaine, animale, végétale et environnementale dans toutes les politiques publiques [26].
- Améliorer la coopération internationale en matière de surveillance, de recherche et de gestion des épidémies [27].
- Investir dans la formation transdisciplinaire et la génération de nouvelles compétences pour répondre aux défis émergents [16].
- Soutenir la mise en œuvre de législations et de politiques multisectorielles à l’échelle locale, nationale et internationale [28], [29].
- Favoriser la mobilisation communautaire et l’appropriation locale des initiatives One Health [30], [31].
Conclusion et appel à l’action
« Une seule santé » offre une feuille de route puissante et indispensable pour préserver la santé humaine et planétaire face aux défis sanitaires complexes du XXIe siècle. Investir dans la recherche, l’innovation, la formation et la coopération intersectorielle n’est plus une option, mais une urgence partagée.
Agissez dès maintenant pour intégrer l’approche One Health dans vos pratiques professionnelles, vos politiques publiques et votre engagement citoyen. Préparons ensemble un avenir plus sain, plus résilient et durable pour tous !
Souhaitez-vous approfondir un aspect précis de la stratégie « Une seule santé » pour 2025 ? Je peux rechercher des exemples concrets, des outils de mise en œuvre ou des données spécifiques à une région ou un secteur particulier.
Références Bibliographiques :
[1] V. Nwokedi et al., "One Health Approach: Integrating Human, Animal, and Environmental Health for Infectious Disease Control," International Journal of Pathogen Research, 2025. https://doi.org/10.9734/ijpr/2025/v14i3368
[2] K. Sobur, "Embracing the One Health Paradigm for Public Health Transformation," None, 2025. https://doi.org/10.71351/jihr.v1i1.003
[3] E. Jenkins, A. Simon, N. Bachand, C. Stephen, "Wildlife parasites in a One Health world," Elsevier BV, 2015. https://doi.org/10.1016/j.pt.2015.01.002
[4] S. A. Strathdee, S. C. Davies, J. R. Marcelin, "Confronting antimicrobial resistance beyond the COVID-19 pandemic and the 2020 US election," Elsevier BV, 2020. https://doi.org/10.1016/s0140-6736(20)32063-8
[5] Z. W. et al., "SARS-CoV-2's origin should be investigated worldwide for pandemic prevention," Elsevier BV, 2021. https://doi.org/10.1016/s0140-6736(21)02020-1
[6] G. D. Stentiford et al., "Microsporidia: Emergent Pathogens in the Global Food Chain," Elsevier BV, 2016. https://doi.org/10.1016/j.pt.2015.12.004
[7] M. Figui, M. Peyre, "Le concept 'Une seule santé' : une réponse à l'incertitude dans la gouvernance internationale des zoonoses émergentes ?", None, 2013. https://doi.org/10.19182/REMVT.10139

